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Mise à jour : 9 mars 2017

Wallis et Futuna : des cours d’après bac avant la fac

mercredi 29/06/2016 - mis à jour le lundi 15/08/2016

A Wallis et Futuna, collectivité d’outre-mer située en plein océan Pacifique, dix-sept nouveaux bacheliers suivent des cours pour préparer la rentrée universitaire. Des profs se sont portés volontaires pour dispenser ces cours très utiles pour assurer la transition lycée-bac et la construction d’un pont entre l’île et la métropole.

L’entrée en fac, ça se prépare. Pour Igor Fedioun, professeur en bac pro gestion au lycée d’Etat de Wallis et Futuna, aider ses élèves va de soit : « Je conseille les futurs étudiants en apportant ma propre expérience des études supérieures. » L’occasion pour l’enseignant d’allier son passé estudiantin à sa vocation éducative d’aujourd’hui :« Il s’agit pour moi de les informer sur les risques de décrochage au cours de la première année universitaire, notamment en raison d’un manque d’assiduité et de sérieux », explique-t-il.

Selon le professeur, l’intérêt premier du dispositif est d’appréhender « la transition lycée-fac » pas toujours évidente pour les lycéens. Une transition « qui se travaille » d’après lui. C’est pourquoi il insiste beaucoup dans ses cours sur « la méthodologie spécifique des études supérieures et aide au développement de l’autonomie des futurs étudiants ».

Car, quelque soit la filière choisie et en l’absence d’enseignement supérieur sur le territoire, ses élèves partiront. Mais d’après Igor Fedioun, la fermeture de l’antenne de l’Université de Nouméa à Wallis en 2013 n’a en aucune façon freinée l’ambition des élèves, bien au contraire. « Les statistiques montrent que de plus en plus de bacheliers demandent à partir pour poursuivre leurs études en métropole. »

Catherine Simutoga, proviseure, confirme cet attrait pour la métropole en ajoutant néanmoins que la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française sont aussi des destinations prisées. Une motivation pour les études qui se vérifie dans les cours de préparation : « Ce sont des élèves soucieux de réussir puisque ce sont eux-mêmes qui demandent les disciplines à travailler. Ils ont une vraie volonté de s’informer et souhaitent avoir un aperçu des cours magistraux », indique Igor Fedioun. « Les diplômes les plus convoités sont les BTS et les DUT mais également ceux de l’Université. Les très bons élèves s’orientent vers les classes préparatoires aux grandes écoles ou en préparation de médecine, cela représente environ trois à quatre élèves par an », détaille la proviseure.
Au programme de ces cours organisés dans les moments de liberté des emplois du temps des professeurs, tant pour les filières générales que technologiques : « Mathématiques, anglais, sciences, économie-gestion et management, le tout agrémenté d’une sensibilisation aux contraintes matérielles d’installation en métropole. »

Poursuite d’études, emploi et ouverture au monde

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Profs volontaires et élèves motivés autour de la table pour envisager l’avenir universitaire.

L’objectif de la poursuite d’études est également de trouver un emploi. Pour les ultramarins, le tissu économique est restreint et le taux de chômage est élevé, notamment chez les jeunes. Igor Fedioun spécifie que la baisse de l’offre d’emploi à Wallis amène les jeunes à ne pas revenir sur le territoire. « Pour ceux qui reviennent, les emplois vont principalement se concentrer dans le secteur tertiaire ou dans les administrations publiques. »

Côté éducation, Wallis et Futuna, intègre le fait d’être la collectivité d’outre-mer la plus éloignée de la métropole. De ce fait, l’enseignement prend en compte certaines spécificités « de langage, d’expressions et de représentations » tout autant que « la culture économique et scientifique », complète le professeur. « La culture traditionnelle est très prégnante ici, tout comme la langue maternelle qui est pratiquée quotidiennement », ajoute Catherine Simutoga. Conséquence : « La maîtrise de la langue française reste difficile. » L’insularité est aussi une gageure : « Il y a peu de liaisons aériennes et maritimes. Au final, seuls internet et la télévision permettent une ouverture au monde. Les anciens étudiants apportent leur expérience. Des informations et quelques voyages à Nouméa permettent d’appréhender un peu le milieu urbain », conclut la proviseure.

Pour autant, à l’heure où l’on parle d’égalité des chances dans les outre-mer, Igor Fedioun l’assure, en matière d’orientation après le bac, « les élèves disposent de fonds documentaires grâce à internet ainsi que des personnes ressources comme le CIO, les professeurs principaux et les équipes pédagogiques ». Même son de cloche chez la Catherine Simutoga : « Il y a le SAIO du vice-rectorat de Wallis mais également un forum des métiers et des formations organisé annuellement avec l’intervention de personnes extérieures. »

Un patchwork de dispositifs pour que les jeunes Wallisiens et Futuniens s’intègrent parfaitement dans la mosaïque éducative française.

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