l'info d'aujourd'hui par les journalistes de demain

Abonnez-vous aux flux RSS de haut courant

Mise à jour : 9 mars 2017

Crise politique en Côte d’Ivoire

Rencontre avec la diaspora ivoirienne de Montpellier

lundi 20/12/2010 - mis à jour le mercredi 16/10/2013

Crédit photo : dvnews.org/flickr

Les élections présidentielles ivoiriennes ont depuis le 4 décembre 2010 deux vainqueurs : Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. Face à cette situation, c’est avant tout l’inquiétude qui règne au sein de la diaspora ivoirienne de Montpellier.

Alassane Ouattara, soutenu par la communauté internationale, a été élu avec 54% des voix selon la Commission électorale indépendante (CEI). De son côté, le Conseil constitutionnel ivoirien a désigné Laurent Gbagbo comme président. Depuis, c’est le statu quo : chacun a nommé son gouvernement et les partisans des deux hommes semblent prêt à en découdre. La Côte d’Ivoire risque de tomber dans une guerre civile qui à déjà fait plusieurs dizaines de morts depuis l’élection.

Olivier Koty est un franco-ivoirien de 44 ans, président de l’association de la diaspora ivoirienne de Montpellier. Bien qu’établi à Montpellier, Olivier tente de réunir des Ivoiriens du monde entier, avec un certain succès puisque son association comprend des Ivoiriens dans une grande partie de l’Europe et même aux États-Unis. Olivier regrette non seulement les affrontements mais renvoie la responsabilité sur les deux candidats, « qui n’ont pas le souci du pays et de l’intérêt général. Chacun envoie ses troupes s’entretuer alors que leurs enfants sont bien au chaud dans les grandes écoles en Europe et aux États-Unis. »

« Quand les éléphants se battent, ce sont nous les herbes qui souffrons »

Les membres de son association échangent principalement par mail. Olivier avoue que depuis le début des évènements, il filtre les échanges et a tout simplement interdit de parler de politique : « Le but de l’association est d’œuvrer pour la paix. Malheureusement certains partisans ont commencé à échauffer les esprits, j’ai préféré interdire tout simplement toute discussion sur ce sujet car je ne veux pas voir d’affrontements par mail. Ceux qui veulent se battre n’ont qu’à aller sur le terrain en Côte d’Ivoire. »

Mais, pour lui, c’est une infime minorité qui occupe la rue et qui souhaite arriver à la confrontation armée : « Le gouvernement et l’opposition s’appuient sur une jeunesse désœuvrée qui n’a pas d’avenir. L’immense majorité des Ivoiriens souhaite la paix et ont d’autres soucis, comme le niveau de vie qui a chuté ces dernières années, les problèmes de santé ou d’éducation. La forte participation aux élections l’a démontré. Malheureusement c’est toujours la population qui paie le prix des affrontements politiques car “Quand les éléphants se battent ce sont nous les herbes qui souffrons” comme on dit. »

Son ami Simplice, qui tient un restaurant ivoirien au centre ville et est membre de l’association, penche pour Alassane Ouattara. Mais, son souci premier est également la paix pour le bien du peuple. « Les candidats n’ont pas d’autres choix que de se mettre autour d’une table pour trouver une entente. Sinon on va vers la catastrophe. Personnellement, je redoute vraiment que les évènements prennent la même tournure qu’au Rwanda. C’est ce scénario qui m’inquiète le plus. »

Où va la Côte d’Ivoire ?

Désiré tient le plus ancien restaurant ivoirien de Montpellier, Le Maquis, où se rassemble une bonne partie de la diaspora ivoirienne de Montpellier notamment pour les matchs de foot de l’équipe nationale. Il était en Côte d’Ivoire durant les élections, il raconte que le scrutin s’est déroulé calmement malgré quelques échauffourées la veille du deuxième tour. Il est très pessimiste pour l’avenir de la Côte d’Ivoire, et ne se reconnaît dans aucun des candidats : « J’aurais préféré l’émergence d’un troisième homme, parce que Gbagbo et Ouattara défendent leurs intérêts personnels, ils ont tous les deux déjà exercé le pouvoir et ça ne s’est pas bien passé. Je crains que ce conflit politique soit durable. »

Pour Olivier, l’avenir de la Côte d’Ivoire est également incertain : « Je pense qu’il faut attendre une nouvelle génération qui aura une autre mentalité et surtout la notion d’intérêt général, c’est ce qui manque à la classe politique aujourd’hui. Ça pendra du temps mais je ne vois pas d’autre issue. »

Natacha est libano-ivoirienne. Elle est favorable à Alassane Ouattara et est plus optimiste que ses compatriotes : « J’ai espoir en Alassane Ouattra, il est légitime car il a été élu par le peuple. Gbagbo et le conseil constitutionnel qui lui est acquis ont prémédités les troubles. Il faut que Gbagbo s’en aille, sinon les affrontements risquent de durer. De toute façon il n’est reconnu par personne donc il n’a pas le choix. »

Malgré la volonté de la diaspora de voir la crise résolue par une solution pacifique, la situation semble bloquée en Côte d’Ivoire, et aucun candidat n’a l’intention de céder. Gbagbo, en dépit de l’opposition internationale, semble résolu à rester au pouvoir, coûte que coûte. De quoi justifier les craintes et le pessimisme d’Olivier et de ses compatriotes.

Localiser cet article :

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur del.icio.us Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Envoyez un lien vers cet article à la personne de votre choix.
Vous recevrez une copie du message.

Monde //

Rejoignez Haut Courant sur Facebook