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Mise à jour : 9 mars 2017

La « hot » saison pour les commerçants

vendredi 23/12/2011 - mis à jour le jeudi 22/12/2011

La course folle aux cadeaux de noël bat son plein dans les rues commerçantes de l’Ecusson. Jouets, vêtements, gadgets, gastronomie… les vitrines des magasins se parent de leurs plus beaux atouts pour attirer le client. Au cœur de cette frénésie, le marché du sexe commence à trouver sa place.

Ce dernier week-end avant les fêtes de noël, l’affluence ne tarit pas chez Lilou Plaisir, situé en plein centre-ville de Montpellier. Ce « love store » est une enseigne « coquine, sensuelle, dédiée aux couples, aux femmes et aux amis » explique Rachel, sa responsable boutique. De plus en plus en vogue, ce nouveau concept qui ne propose ni films pornographiques, ni cabines privées entend s’éloigner du modèle standard qu’est le sex-shop. Une stratégie qui porte peu à peu ses fruits. « Tout comme la Saint-Valentin, noël est une période exceptionnelle en termes de fréquentation et d’achats »,affirme fièrement Rachel.

Il faut dire que cette année, l’entreprise n’a pas hésité à sortir l’artillerie lourde pour optimiser sa visibilité et ses bénéfices. Les jeunes employées, vêtues d’affriolantes robes de mère-noël, sont partout. Quand elles ne conseillent pas les visiteurs dans la boutique, elles interpellent les passants devant l’entrée, ou, distribuent prospectus et échantillons gratuits dans les artères commerçantes de la ville.

Cette opération de communication coup de poing traduit une évolution certaine des mœurs. Lilou Plaisir est ouvert depuis plus de 5 ans. A en croire sa responsable, la clientèle ne cesse de s’élargir et s’émanciper dans l’expression des désirs. « Les mentalités progressent notamment grâce à la télévision, aux séries et films qui parlent ouvertement de sexualité. » Le rapport à l’objet sexuel a tellement changé, que désormais, certaines entreprises n’hésitent plus à s’approvisionner ici, pour offrir des cadeaux coquins(ou plutôt taquins) à leurs employés.

Noémie et Claire illustrent bien cette évolution des mœurs. La fille a décidé de faire découvrir le love store à sa mère, ressortie armée d’un cadeau sexy pour son compagnon. Une complicité qui a tout de même ses limites. Noémie, restée devant l’entrée du commerce, ne veut en aucun cas savoir ce que sa mère a acheté. Pour les deux femmes, ce concept de boutique est jugé moins « honteux » qu’un sex-shop. Claire, tout sourire, se réjouit « qu’ « il y’ait aujourd’hui moins de tabous pour rentrer dans ces magasins ».

S’il ne remporte pas nécessairement l’adhésion générale, ce love store a au moins le mérite d’attirer une foule de curieux, à l’image de Nathalie et Michel. Lilou Plaisir a laissé de marbre ce couple de lozériens quinquagénaires en vadrouille. « On imagine bien s’offrir un cadeau de noël de ce genre, mais là ça ne nous a vraiment pas donné envie. »

Les sex-shops tirent moins leur épingle du jeu

Changement d’ambiance en pénétrant dans le sex-shop « le Grand Vertige », situé à proximité de la gare. Ici les clients, plus discrets, arrivent au compte-goutte. Depuis le début de la journée, le commerce connait pourtant une affluence inhabituelle.

Christophe, employé depuis 4 ans, assure que noël n’est une aubaine ni pour le chiffre d’affaire, ni pour la fréquentation du magasin. Certes, il constate une hausse sensible des ventes, mais celle-ci reste beaucoup moins significative que pour des loves stores comme Lilou Plaisir. Globalement, le sex-shop fonctionne grâce à une clientèle masculine d’habitués, ce qui érige une barrière encore infranchissable pour d’éventuels visiteurs. Christophe précise qu’« un sex-shop propose les mêmes produits qu’un love store, mais la stratégie marketing est différente ». Dans ce genre de magasin, les clients consomment tout simplement de façon moins artificielle. Autrement-dit, les visiteurs, qu’ils soient seuls ou en couple, achètent tout au long de l’année et non à l’occasion de fêtes ou autres évènements.

L’employé du « Grand Vertige » constate néanmoins une plus forte fréquentation des femmes à cette période de l’année. « A noël, ce sont surtout des groupes de filles qui viennent pour s’amuser. Les cadeaux pour le « fun »l’emportent sur les présents destinés aux couples. »Au détour d’un rayon, Laurine, 23ans est l’une des rares clientes rencontrées. Quelque peu intimidée, elle assure s’être déplacée au nom d’un groupe d’amis pour offrir des sous-vêtements en bonbons à leur copine. C’était la première fois qu’elle entreprenait un tel achat.

Love store ou sex-shop, les cadeaux coquins de noël séduisent de plus en plus la gente féminine. Mais qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse… .

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