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Mise à jour : 9 mars 2017

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Jour de vote à Montpellier : en tête à tête avec les électeurs de la primaire

mercredi 23/11/2016 - mis à jour le jeudi 01/12/2016

Pour le premier tour des primaires, le bureau de vote de la rue des Quatre Seigneurs à Montpellier fait le plein. Entre choix partisan et votes barrage, les électeurs s’expriment à chaud sur leur motivation.

« Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France. » Placardé à l’entrée de la salle de vote, une citation de la Charte Républicaine accueille les électeurs. Installé dans l’école élémentaire du docteur Calmette, le bureau n° 340312 ouvre ses portes aux électeurs. À l’intérieur, des listes d’émargement, trois isoloirs, cinq bénévoles chargés de veiller au bon fonctionnement de la journée. Un bureau de vote banal parmi les 10 228 mis à la disposition des électeurs ce dimanche.

L’enjeu est important pour ces premières primaires, le stress se fait ressentir parmi les organisateurs, soucieux de son bon déroulement. À plusieurs reprises, notre présence nous a été reprochée et il a fallu que nous rencontrions les électeurs à l’extérieur.

Sarkozy, « je ne peux pas le voir »

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À l’entrée du bureau, la "Charte de l’alternance" accueille les électeurs.

À la sortie du bureau de vote, les électeurs soutenant Nicolas Sarkozy s’expriment facilement. Nadine, retraitée, affirme qu’elle est aujourd’hui présente pour « voir son candidat l’emporter ». Hésitant entre l’ancien président de la République et François Fillon, elle a fini par faire le choix de « l’expérience. Sarkozy représente plus la droite dans laquelle je me reconnais.  » Hélène, 56 ans, professeur retraitée, est, elle aussi, une électrice convaincue. « Il a l’énergie nécessaire pour diriger le pays en 2017. Il a l’amour de la France et l’autorité nécessaire à un chef de l’État ».

«  Plutôt de gauche », Anne, professeur de sport de 50 ans, est avant tout opposée à l’idée de voir Sarkozy réélu. Bel Miloudi, électeur de droite, fait le même constat : « Je suis venu pour l’empêcher de passer. Je ne peux pas le voir alors j’espère qu’il ne sera pas élu.  » À la fois plébiscité par une partie de l’électorat, et rejeté par une autre, Nicolas Sarkozy doit aujourd’hui faire face à une mobilisation d’électeurs qui lui est défavorable.

Juppé, le « moins pire » de tous

Longtemps en tête des sondages, Alain Juppé se voit rattraper par Nicolas Sarkozy et François Fillon. Il est vu par certains des électeurs comme un rempart à l’élection de l’ancien président. Brigitte et Pascal, tous deux cadres quinquagénaires, se disent plus proches des idées de Nathalie Kosciusko-Morizet. Leur choix s’est pourtant porté sur le maire de Bordeaux : « Il est le moins pire des candidats. Il fallait voter utile pour faire barrage à Sarkozy et Fillon, qui sont tous les deux flippants dans leurs propos et leurs idées. Ces deux-là sont beaucoup trop réac’.  » Trop jeune pour voter en 2012, Nicolas, 20 ans, dénote parmi la majorité de retraités présents au bureau ce matin. Il a exprimé un vote d’opposition envers l’ancien chef de l’État et a choisi de supporter Juppé, « le candidat qui a le plus de chance de l’emporter  ». À l’évocation du chef de file de l’identité heureuse, Bernadette et Robert, un couple de retraités, rétorquent qu’« il est le bras droit de Hollande  », le mari poursuit en précisant qu’« il ne faut pas quelqu’un de mou à la tête de l’État  ». Eux ont fait le choix de François Fillon pour «  sa fermeté et sa lucidité  ».

François Fillon séduit les sarkozistes

Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson font peu parler d’eux ce matin. Le nom de François Fillon revient lui souvent dans la bouche des électeurs. Considéré comme le troisième homme de cette primaire tout au long de la campagne, il est aujourd’hui crédité de 30 % d’intention de vote par le dernier sondage réalisé par Ipsos pour le journal le Monde. Parmi les électeurs séduits par François Fillon, Yannick, promoteur immobilier de 40 ans, issu d’une famille sarkoziste depuis de longues années. Il affirme avoir été « convaincu » par le candidat. « Je trouve qu’il a la carrure que doit avoir un chef d’État, il est taillé pour le poste de président. Ma mère est encore plus sarkoziste que moi, elle va avoir beaucoup de mal à voter Fillon, mais elle va le faire quand même, par nécessité pour avoir une France forte.  »

Après avoir voté à droite, des électeurs affichent une volonté de voter à la primaire de la gauche en janvier. Pour Mathieu, formateur en techniques paysagères de 35 ans, « le FN sera au second tour des présidentielles. Je suis donc venu pour faire barrage à cela. J’irais aussi voter à la primaire de la gauche, je ne veux pas me retrouver avec un vote par défaut à la présidentielle.  » Pascal est lui aussi de cet avis, «  il ne faut pas hésiter à avoir des contradictions dans son vote. Le principal c’est avant tout le but final. Je vote à droite et à gauche pour ne pas voir arriver le pire lors de la présidentielle ».

À la mi-journée 183 personnes se sont déplacées pour aller voter dans ce bureau de vote de quartier, sur les 4000 enregistrés sur les listes d’émargement. Chiffre qui parait faible alors que le bureau n’a pas désempli de la matinée. Pas de bousculade ou d’attente interminable pour cette première primaire, simplement quelques couacs dans l’organisation de l’événement. Des électeurs se trompent de bureaux ou n’ont pas de quoi payer la participation, d’autres s’étonnent de ne pas avoir eu à adhérer à la Charte Républicaine. Ils ont simplement « signé un truc à l’entrée  ».

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